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Buddy #5 – Youpi c’est la Rentrée

Rentrée des classes pour Buddy Records qui s’est attelé à la tâche pour collecter des groupes d’un peu partout, leur proposer de foutre leurs productions sur une compile gratuite et digitale sans aucune autre ambition que de proposer une nouvelle plateforme d’écoute pour tous ces groupes héros de la culture indépendante.

Youpi c’est la Rentrée est la première compile depuis 22 mois et la sortie de Potage. Du coup, elle est aussi la seule purement digitale. La couverture est assurée par le maitre ès Arts Plastiques Panini Joe, où un Ginsky en forme s’attelle à casser la gueule d’un Trump en carton. 16 titres pour montrer qu’on n’y est pas allés avec le dos de la cuillère.

Rien de politique ici, même si on a eu notre mot à dire dans le contexte actuel. 

La compile s’ouvre avec Lassie, chien fou apparu dans l’ombre des Staches et recentré à Leipzig, ville de squats et loyers pas chers. Les deux bands ami-ami feront une tournée d’Allemagne dans les jours qui viennent et Cactus Joe n’y manquera pas d’y faire un tour.

Une autre licorne (qui n’est pas leur stade) sortie de la cuisse de Manu est Structures, qui à force de sortir des EPs magnifiques comme ce Long Life, saura se faire une belle place au milieu de ses cousins de noms, qui jouent de l’affreux métal au Canada et du très recommendable post-punk. En espérant une tournée jointe Structure/Structures, une amitié franco-british qui sera très rigolote à inscrire sur une affiche.

Entracte Twist nous propose un extrait de son prochain EP qui sortira bientôt chez Croque Macadam, eux mêmes qui avaient sorti même l’excellent Christine Young. Depuis Christine Young, qui est devenu un hymne de cave parisienne, la bande s’est attellée à muscler le son qui est déjà d’excellente facture pour rajouter une corde à son arc bien rempli. En concert avec Lewsberg et SEX SUX ici.

Yves Bernard, depuis Grenoble, nous propose une démo qui sonne sacrément comme un projet final aux allures synth pop batterie-clavier-basse francophone déjà observée avec Taulard. Ensemble avec Future Folklore Records, Grenoble s’installe de plus en plus sur la carte de la culture indépendante française actuelle. Qui sommes-nous pour nous en plaindre?

Belmont Witch, militant(e)(s) et animateurs de ces caves parisiennes, nous a envoyé un titre en espagnol – Raices. Aucun de nous n’ayant fait Espagnol LV2, ou alors pas assez pour dragouiller à la Costa del Sol, nous ne pourrons pas nous exprimer sur le fond, mais nous concentrerons sur la forme. L’accent espagnol se marie très bien aux inspirations de Michèle et de sa bande. Toujours bon en piqure de rappel: Belmont Witch en écoute chez Montagne Sacrée (coucou la Déglingue)

Docks, post-punk instrumental, propose Oeuvres Vives, tiré du deuxième EP Ballast. Liés à nos nouveaux copains de Hidden Bay Records, une petite pause dans cette compile n’est pas plus mal. Qui de mieux que Docks pour respirer un peu, fermer les yeux et s’imaginer prendre un train qui s’enfonce dans la nuit, un samedi soir triste dans un pays d’Europe du Nord?

Video Futur, venu de Montréal, nous propose une cover de la bande à Wallers et s’attaque au mythique Golden Apples des Country Teasers. Ici, pas de weird pop type Telstar Drugs ni de post punk aux hooks imparables comme Corridor (et dieu sait que l’on admire cette scène), mais une cover qui vient fermer ce premier EP canadien. Risqué et réussi!

JJ Ulius, projet solo de Julius, tiers de ce joyau qu’est Skiftande Enheter (wow wow wow), nous propose une chanson balancée entre deux bières et un retour au boulot intitulée “Vous allumez une lumière” (du tänder ett ljus). Les plus footeux penseront à Youri Djorkaeff et son improbable Vivre dans ta Lumière. Mais ici, JJ Ulius nous propose un son Buzzcocks joué en pleine campagne suédoise, beau à en chialer.

0% de Copenhague, dad rock des 90’s et fan de yaourts sans matière grasse (eut-être). Dernière découverte qui poste pépère une ode aux 90s en tous points idéale, reprennant les codes saillants tout en se les réappropriant.

Sir Robin & the Longbowmen, 7 colosses magnifiques de Dresde mélangeant psychedelia avec certains éléments rock 70s et une pointe de baroque pop. Quand la sithare est de sortie, ça marche toujours (même si Ravi Shankar ne la joue pas). Vu en live à Berlin, ça envoie un bon gros bois bien efficace. Sur cette compile figure le morceau de fermeture, qui est le plus 60s de tous, quasi Beach Boys-esque. A écouter très très vite!

Lewsberg, fierté de Rotterdam, et qui sera en concert à La Pointe Laf le 27 Octobre, est un autre export que les fantastiques Rats on Rafts, les copains de compile Pig Frenzy, les jeunes popeux fascinants de Goodnight Moonlight et les copieurs 60’s The Kik. Ici est proposé un rock velvetien, avec une voix teintée de l’accent le plus rottelodamois qui existe et une atmosphère qui retranscrit parfaitement l’atmosphère de cette ville: abrupte, grise, introvertie, mais diablement fascinante.

SEX SUX, 5ème projet de Nick Wheeldon, nous propose une belle pop solaire, avec des progressions dont Nick a toutefois le secret bien gardé, extrait d’une démo qui nous émoustille déjà. Pas de facebook, de bandcamp, pas de concert; à part le 27 Octobre. Ils joueront aussi à la Pointe Laf (premier concert) en compagnie d’Entrace Twist et Lewsberg. C’est la troisième fois qu’on te le dit; tu vas venir hein?

Pig Frenzy, feux follets vingtenaires opposés à Lewsberg en tous points de vue, nous a soumis Second Nature, découvert quelque part sur une chaîne Youtube. Une fascination pour le porc qui ne déplairait à certains de nos amis, dont un est sur la cover. Une belle boule d’énergie qui fait du bien par où ça passe.

Carnon, nouveau groupe qui n’hésitera pas longtemps avant de se lancer dans l’aventure des caves parisiennes, propose Blue, titre anglais pour une chanson aux paroles bien françaises. Deux voix qui s’entrechoquent pour un bel effort prometteur.

Edgar Déception, auteur du meilleur jeu de mots évident de l’année 2017 (titre hyper convoité tous les ans), propose un Big Fat Train, qui n’est pas une ode au fat-shaming, au contraire. Ce morceau déboule gentiment et explose sur la fin, parfait pour une fermeture d’EP parfaitement exécutée par des copains d’EP

Enfin, pour la fermeture, rien de mieux qu’un bon teuch d’Afrique, héros d’un rock qui se retrouve quelque part à Seattle y’a 25 ans. Ici se retrouve une version démo d’un tube de poche que n’auraient pas reniés certains de ces mecs d’Outre-Atlantique, jaloux de ce TH da Freak qui est quand même foutrement bon.

Félicitations si tu as pu soutenir les comparaisons de plus en plus alambiquées sur ces plus de 1000 mots. Si quelque chose t’a choqué, ou que tu veux nous faire part de ton avis, n’hésite pas à nous envoyer un mail : buddyrec @ gmail . com  .

 

À bientôt,

Buddy Records