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These things matter (1)

Récemment, je discutais avec une amie qui va sortir le premier EP de son groupe à propos du visuel de son projet. On s’échangeait des messages à propos des collages qu’elle créait et c’est là que je me suis souvenu de l’importance de l’image sur notre perception de la musique.

L’audiovisuel

Depuis que j’achète des vinyles, mon regard est attiré par les pochettes encore plus qu’avant. D’ailleurs, certains considèrent que l’objet est aussi important que le contenu et à vrai dire, je ne peux pas leur donner tort. Quelle est la dernière fois où vous avez acheté un disque ou écouté un groupe sans n’avoir jamais vu une image fournie par ce dernier ?

Revenons-en arrière, au temps des clips vidéos du début des années 2000. Je suppose que vous avez connu la période M6 Music, celle où des groupes de rock passaient à la télévision inopinément et nous collaient littéralement à l’écran. Entre les premiers pas de Phoenix sur une moto et ceux des White Stripes au milieu de triangles noir et blanc, c’était un nouveau monde qui s’ouvrait à moi. Pour la première fois, j’étais intrigué visuellement et ma mère n’en savait rien ; le début de l’adolescence, donc. Quand des années plus tard, j’ai acheté mon premier tee-shirt à un concert, c’était autant un acte de conformisme face à ma nouvelle passion, les groupes indépendants, qu’un clin d’oeil au monde extérieur qui m’observait de loin. D’ailleurs, je n’étais pas le seul à arborer fièrement le logo de Nirvana, des copains l’avaient fait avant moi. Finalement, est-ce que c’était eux qui m’avaient influencé ou bien MTV ?

À l’époque, se retrouver perdu dans l’immensité d’un espace Fnac dédié au rock m’avait conditionné à chercher par moi-même quel disque écouter. Et c’est là que la magie du visuel opérait, que je faisais confiance à ma rétine pour guider mes goûts musicaux. Quand j’y réfléchis aujourd’hui, cela me paraît un brin absurde mais au moins, cela m’a ouvert des portes.

Actuellement, il y a toujours des groupes qui essayent de préserver une part de mystère quant à leur véritable identité mais ils sont souvent trahis par leurs images. Il est assez facile de deviner le style de musique, si c’est un duo mixte ou des Riot grrrls qui jouent en observant une pochette.

Le mois dernier, je suis tombé sur un collage qui ressemblait à celui qu’aurait pu sortir le label Slumberland Records dans le bac « Occasions » du disquaire Balades Sonores et j’ai immédiatement demandé au vendeur de le passer dans le magasin ; j’étais sûr de mon choix, j’allais entendre de l’indiepop américaine des années 90. Effectivement, c’était une compilation des singles du groupe Crayon, rien de surprenant mais du lo-fi comme j’écoute souvent. Logiquement, je me suis emparé de mon application Discogs pour vérifier les autres sorties et l’imagerie associée. Je ne dois pas être le seul à avoir ce réflexe maintenant car nous avons besoin de satisfaire notre curiosité visuelle autant qu’auditive, pour nous rassurer sûrement. C’est ainsi le seul moyen de savoir que l’on est entre de bonnes mains, que la découverte du jour ne va pas nous décevoir immédiatement. Prochainement, j’écrirais un article sur les labels et le rapport quasi exclusif que nous avons avec certains, parfois.

En attendant, je vous laisse un diaporama des albums de 2019 qui m’ont inspiré cette chronique accompagné d’une playlist.

Je vous retrouve d’ici quelques semaines avec de nouvelles idées à développer, et on se donne rendez-vous sur la pelouse de Villette Sonique avec des labels amis, notamment  Hidden Bay et Howlin’ Banana avec qui nous sortirons le premier EP de Special Friend en septembre dont je parlais en introduction.

PS: merci aux Buddy pour l’occasion de me laisser m’exprimer sur leur blog. Soutenez-les en participant à leurs soirées, plus d’infos sur Facebook et Instagram.

 

Sans Culture, pas de Futur x

 

François Salvador (@indie_or_die)